PEINDRE

 

Continuer la peinture, ne pas l’arrêter. 
Recommencer.
La peinture est un territoire d’action et de perception

La syntaxe de la peinture ne procède pas de l’application d’une grammaire mais de la succession des opportunités formelles, improbables et cependant probables. Elles se présentent dans le mouvement de ce qui foisonne comme levée de sens au cours de l’action de peindre qui apostrophe et mobilise l’acte de percevoir. C’est arpenter son territoire

Parcourir la peinture , provoquer l’égarement consentant des gestes et des regards à percevoir, à interpréter, à concevoir un territoire de chemins, de pistes, de traversées, de franchissements à découvrir, d’encerclements, d’envahissements à déjouer, de bordures à longer, de limites à ignorer ou à transgresser…

Peindre : il ne s’agit plus d’en finir mais d’en infinir les possibilités, d’en faire l’acte d’une perception, d’une écriture et d’une lecture : une écriture muette, un déchiffrement silencieux, une action d’inscriptions plutôt que d’expression.

Inscrire et, conduire l’action de peindre avec cette possibilité que ne puisse jamais être atteint l’achèvement attendu d’une peinture et son dessein : son modèle de finitude n’a pas d’existence préalable à son commencement qui n’est autre que, toujours, une forme de recommencement.

Peindre.
Continuer le travail de l’inscription picturale, de ses levées de sens et d’horizons multiples.
Construire la manifestation d’une syntaxe du tracé et du voir. Accueillir l’égarement consentant et jouissant du geste et du regard.
Il se peut que dans ce projet de peindre il n’y ait aucun point de fuite et point de vu indexé comme dominant. C’est un territoire qui se parcourt et fait lever des multitudes de lignes d’horizon
Seulement percevoir, interpréter, concevoir.
Arpenter et Parcourir s’y perdre et s’y retrouver : ré – jouissance.

Peinture, papiers peints

Les papiers peints ont-ils jamais été des peintures ?

 

Recette

Le travail de peinture consiste à peindre séparément des formats de feuilles de papier de mêmes dimensions qui seront appareillés bords à bords par groupe de huit ou de six ou de quatre ou de deux.
Chaque format est peint ou crayonné séparément avant d’être appareillé et collé sur son support

Enjeu

Le papier, peint et/ou crayonné, devient un des composants de la peinture, une sorte de matériau disponible, un transport de gestes pour une aventure picturale ou graphique.
La feuille de papier, blanc, lisse et sans grain, avec sa surface froissable est pensé et pratiqué comme un matériau pictural. Pénétrée d’encre de chine, de couleur et de colle, elle se plisse, se déchire, se tend et offre au terme du processus de marouflage la présence transformée d’un appareillage pictural : une peinture faite de feuilles de papiers peints.

Formules d’applications
Formule de la touche : couleurs accumulées et superposées
Formule du lavis : encre de chine, recouvrement et traversée du papier
Formule du glacis : recouvrement successifs de la couleur.
Formule du tracé : encre de chine, mine de plomb, polychromie.

Gestes et regards d’écriture.
Le corps, la main, le mouvement, trans – forment la matière en matériau d’inscription et non pas d’expression. Ils ouvrent la pensée à l’expérience d’une manœuvre de transfiguration.

Echelles de perception
La figure, le motif, la texture ou trois modes intelligibles de l’apparaître des espaces visibles selon trois échelles de perception qui manifestent les principes constructifs d’unicité, de répétition et de multiplicité
Les caractères typographiques des lettres de l’alphabet  ou l’improbable unicité et singularité des 26 figures de l’alphabet romain composent l’écriture des mots, de la phrase, du texte.
La perception de l’arrangement des figures en mots. La combinaison, l’association et l’agencement par addition, répétition soustraction substitution configurent la multiplicité singulière de la silhouette variable des motifs composés avec la seule formule de 26 figures.
La multiplicité des figures et des motifs s’agencent et forment l’écriture des pages . A une certaine distance figures et motifs ne sont plus différenciées et rendent manifestes l’étendue des surfaces sous les espèces visuelles d’une texture.

° D’une texture l’autre. Le couvrement : le badigeon, la touche. La perte de la figure de la lettre dans la multitude graphique de l’éloignement du texte

° D’un motif l’autre. Succession : répétitions, variations. L’apparition de la lettre dans la variation de la silhouette des mots.

° D’une figure l’autre. L’improbable unicité : Découpage, collage. La manifestation de l’unicité singulière de la lettre pour l’écriture du texte.