Dessiner

 

« La ligne (…) surgissement, rafale qui reflue pour rejaillir, propulsion ininterrompue, à l’encontre de la forme construite, ce qui la produit la porte à terme sans la déliter. Son achèvement ne suppose pas une fin, mais au contraire une échancrure – la plus grande déchirure naturellement rectiligne et non inculpable, celle qui laisse entrevoir les attaches secrètes entre deux choses et, partant, des rapports essentiels jusque là inaperçus, l’identité première du réel avant le mot et qu’on nomme poétique. »
René Char

Le monde a changé. Le destin du dessin aussi. Il se délivre de la pesanteur de son office passé, surtout de la conscience que la représentation du monde par l’image n’est plus du ressort de sa seule responsabilité.

Le dessin est désœuvré de son asservissement raisonné – tel que les artistes le voulaient – à une finalité de vérité et de beauté, et qui le dépassait de beaucoup mais qu’il a su décliner magistralement durant cinq à six siècles.

Dans le fil des traces et tracés, au fil des jours, je livre le dessin à la dispersion de vérités et de beautés volages.